Syrie : utilisation des armes chimiques - Position de la France [sq]

Les renseignements dont nous disposons et que nous avons rendus publics permettent d’établir avec certitude que le régime syrien est responsable du massacre chimique commis le 21 août dans la banlieue de Damas.

Il importe de condamner fermement l’utilisation massive d’armes chimiques par le régime syrien.

Ses conséquences sur la sécurité de la région, et au-delà sur notre sécurité collective, sont considérables. Si rien n’est fait pour répondre au massacre chimique, l’impunité dont bénéficiera Bachar al-Assad l’incitera fortement à récidiver, dès qu’il en éprouvera la nécessité, et à poursuivre son approche consistant à chercher à l’emporter par les armes. Toute solution politique en Syrie serait alors impossible car le régime, comme l’opposition, refuseront de s’asseoir à la table de négociation. La guerre d’attrition actuelle se poursuivra, déstabilisant chaque jour davantage la région.

L’enjeu dépasse largement la Syrie et ses voisins. Il en va aussi de la crédibilité de nos engagements contre la prolifération des armes de destruction massive (ADM) dans le monde. En ne réagissant pas, nous enverrons le signal aux pays proliférants (Iran, Corée du Nord) qu’ils peuvent utiliser ou faire proliférer de telles armes en toute impunité.

Une réaction ferme de la communauté internationale pour dissuader le régime de récidiver et permettre une solution politique en Syrie est essentielle.

Seule une réponse ferme sera susceptible de montrer au régime que la solution n’est pas "de liquider" l’opposition, comme l’a encore affirmé Bachar al-Assad à la presse française le 2 septembre, et d’éviter une déstabilisation accrue de la région. Car c’est bien la dégradation de la situation sur le terrain et le fait de laisser de tels crimes impunis qui déstabilisent la région. Une solution politique en Syrie, qui reste pour nous la seule possible, implique que le régime comprenne qu’il ne peut l’emporter par les armes. Un régime qui est persuadé de pouvoir gagner militairement n’a aucune raison de s’engager dans un processus de transition politique.

Notre objectif n’est pas de renverser le régime syrien mais de lui envoyer un signal pour le remettre devant l’évidence de l’urgence des négociations. Ce signal doit rappeler le tabou universel sur les armes chimiques.

Nous restons attachés à la légalité internationale. Il ne s’agit pas de rompre avec le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il s’agit de sortir d’une impasse. Le Conseil a un rôle majeur à jouer dans la définition et la conduite d’une solution politique.

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Dernière modification : 09/11/2015

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